Meurtre de DJ  Lam C : Emmanuel Macron reconnaît le caractère antisémite de l'acte commis en 2003

28 mai 2018 - 18:26

Près de quinze ans après les faits, Emmanuel Macron a reconnu le caractère antisémite du meurtre de Sébastien Selam commis en 2003.

C’est une lettre que la famille de la victime attendait depuis longtemps. Dans un courrier adressé au député Meyer Habib, Emmanuel Macron a reconnu le caractère antisémite du meurtre en 2003 de Sébastien Selam.

Surnommé « DJ Lam C », l’homme avait été assassiné dans le parking de son immeuble à coups de couteau le 19 novembre 2003 à Paris. Adel Amastaibou, le meurtrier, avait alors revendiqué ouvertement un acte antisémite. Il s'était rendu au domicile de la mère de Sébastien Selam et avait déclaré : "J'ai tué un Juif ! J'irai au paradis".

«Le motif antisémite n’avait alors pas été retenu, car la circonstance aggravante de crime antisémite ne date dans le Code pénal français que de 2003», selon Meyer Habib. Son meurtrier présumé, atteint d’une schizophrénie délirante paranoïde, était l’ami et voisin de la victime.

« Ravivé par l’assassinat odieux de Mireille Knoll, le souvenir de ce jeune Français tombé sous les coups du fanatisme le plus sombre est encore vif. Soyez assuré que sa mémoire perdure au sein de notre communauté nationale, profondément affectée par les crimes à caractère antisémite », lui a répondu le chef de l’Etat dans un courrier en date du 22 mai.

« A cet égard, je suis déterminé à lutter contre les agressions à l’égard de nos concitoyens juifs en raison de leur confession », poursuit Emmanuel Macron. Il a profité de l’occasion pour dénoncer « des idéologies infâmes qui conduisent à haïr l’autre ».

Gilles-Jean Portejoie, avocat à l’époque de la famille de Sébastien Selam, a déclaré qu’il s’agissait pour lui « incontestablement d’un crime dont l’antisémitisme était le mobile ». il a ensuite ajouté que « le caractère antisémite était passé au second plan derrière le débat sur la responsabilité pénale » de l’auteur présumé du meurtre.

Ce débat a été tranché en janvier 2010 devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel qui l’avait jugé irresponsable pénalement, écartant toute perspective d’un procès pour la famille du jeune DJ.

Sophie Dias



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